Sunday, April 12, 2009

Risque cardiovasculaire, cholestérol et tension artérielle (II)

Une évaluation correcte des risques

Cette ignorance des patients à haut risque cardiovasculaire est alarmante car aujourd’hui une bonne prévention des accidents cardiovasculaires passe par une prise de conscience de ces risques et donc de leur évaluation, d’abord par le médecin mais également par le patient.

"Une évaluation correcte du risque cardiovasculaire d’une personne est essentielle car elle doit permettre de déterminer l’intensité des mesures à prendre. Chez les personnes présentant un faible risque, les mesures hygiéno-diététiques suffisent. Chez les personnes présentant un risque accru modéré, il est utile de mesurer les différents facteurs de risque et d’atteindre les taux cibles. Enfin, chez les personnes présentant un risque élevé, il convient de démarrer avec un traitement médicamenteux puissant pour faire baisser les taux au plus bas. Ce traitement devant naturellement s’accompagner de mesures hygiéno-diététiques. L’enjeu est important, car près de la moitié des décès est aujourd’hui imputable aux maladies cardiovasculaires, devant les cancers", déclare le Professeur Van Cleemput de l’AZ KUL de Leuven.

L’apparition et la croissance constante du syndrome métabolique (dont 1 personne sur 4 souffre aux Etats-Unis) imposent d’autant plus une évaluation correcte des risques. La multiplication des facteurs de risque chez une même personne, à savoir l’obésité localisée au niveau du ventre, l’excès de cholestérol, une tension artérielle trop élevée et une intolérance au glucose, qui pris isolément présenteraient moins de risque, augmentent en fait considérablement le risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète de type 2. "Il est primordial que ces patients sachent se situer correctement pour pouvoir adopter et suivre une prise en charge correcte dictée par leur médecin" ajoute le Professeur Van Cleemput.

Des options de traitement en mutation
En ce qui concerne la prise en charge, les recommandations évoluent également. Les spécialistes tendent vers une prise en charge optimale de ces facteurs de risque en éduquant les patients à haut risque à atteindre les taux les plus bas, que ce soit en matière de cholestérol et d’hypertension artérielle.

Enfin, les statines les plus puissantes commencent à démontrer des effets additionnels bénéfiques sur l’athérosclérose, indépendamment de ceux connus sur le cholestérol. "Tout récemment, il y a deux semaines, nos travaux de recherche avec la rosuvastatine (crestor) ont été récompensés par le Belgian Lipid Club au dernier congrès de cardiologie. Au cours de ces travaux, la rosuvastatine a démontré des effets multiples sur différents paramètres (hypertension, inflammation, etc…), bref des effets directement bénéfiques sur l’athérosclérose, maladie multifactorielle par excellence (diabète, excès de cholestérol, obésité, hypertension, tabagisme et sédentarité)", signale le Professeur Balligand de l’UCL Saint-Luc. Et de conclure : "C’est une évolution très prometteuse dans la prise en charge de la multiplication des facteurs de risque chez une même personne".

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